
Les bottes à mon oncle Ti-Clin
Dans sa jeunesse, mon oncle Ti-Clin,
C'était l'plus beau gars du village.
Les bottes aux pieds, pis l'air câlin,
Pour lui, l'hiver, c'tait sa plage.
Sé bottes, y é mettait tôt l'matin,
pis y courait dans l'village.
Quand on voyait de belles traces,
C'taient les bottes à mon oncle Ti-Clin.
Elles s'rendaient su l'perron d'en face,
Y avait une belle fille, c'tait certain.
Ydev'nait fou, de c'beau visage,
Blanc comme neige,et d'jolis seins.
Mon oncle Ti-Clin, l'aimait ben gros,
Y aurait tout fet, pour la sortir.
Pour prendre une marche, ou du traîneau.
Sé bottes aux pieds, prêt à courir.
Dans la tempête restait au chaud,
Pis rêvait d'elle, à en mourir.
Sa porte était dure à ouvrir,
Et pis son coeur, à partager.
Elle aimait ben, son beau sourire,
Et pis sé bottes, ben enneigées.
Elle s'gardait loin,d'son soupir,
Pis, elle n'était pas trop pressée.
Mon oncle Ti-Clin, f'sait d'la pêche,
L'bateau en mer, tout'l'été.
Cé d'jà l'automne pis y s'dépêche,
Avec sé bottes, pour la r'trouver.
À la fin d'journée, y avait d'la neige,
Y glissa, dans mer endiablée.
Ti-Clin,sans vie, fut r'pêché,
Dans l'eau frette, sé bottes aux pieds.
L'hiver c'tait sa plage, pis y é resté,
Sans prendre l'temps,de s'justifier.
La belle d'en face, sé approchée,
D'sé jolies lèvres l'a embrassé.
Recueil poétique
Jacqueline Savard